Même dénoués

"Une intimité du dos-à-dos, loin des deux ados que nous ne sommes plus trop. Pour le restant de nos jours, nous vivrons ce décalage inexplicable dont rien ne guérit tout à fait."

Même dénoués, nos liens perdurent encore, pas tout à fait évanouis ou rongés par le temps. Il faut dire que malgré les intempéries, ils ne se sont jamais vraiment rompus ou torsadés. À leur manière, ils ont su rester droits.

Dehors, de l’autre côté de la fenêtre, quelques boutons de jasmin viennent éclairer ma nuit. Ils me rappellent un peu ce parfum que tu portais sur toi, Soleil, pour faire de l’ombre aux acacias. Tu n’as jamais arboré plus bel apparat.

Aujourd’hui, je ne sais plus trop ce que nous sommes l’un pour l’autre. Étrangers, nous ne le serons jamais tout à fait. Proches non plus. Un entre-deux peut-être, avec deux-trois pincées de rêve et quelques flocons de soupir. Une intimité du dos-à-dos, loin des deux ados que nous ne sommes plus trop. Pour le restant de nos jours, nous vivrons ce décalage inexplicable dont rien ne guérit tout à fait. Tout le reste a fait naufrage : les souvenirs, les promesses, même les rares sentiments qu’il nous restait encore. Nous sommes comme les deux faces fatiguées d’une pièce aliénée qui se croit autre : un peu de multiplicité plate, ramassée sur elle-même.

Tu m’as dit, un jour, qu’il ne suffit pas juste d’y croire. Rassure-toi : ce jour-là, je ne t’ai pas cru. Il n’y a pas plus beau, dans cette vie-ci, que la foi. Sans la foi, nous ne sommes rien. Avec le silence, elle est le pilier de notre existence. En son absence, pas de firmament.

Toute sa vie, infirme, on court après sa mère. Le reste est une fable pour petits géants ayant cessé d’y croire. Je sais que toi, tu rêves encore. Dans ta voix, cachée entre deux plaques de ciment, j’entends la chansonnette des grands de ce monde, la comptine des enfants.

Rien ne sert de compter – tout vient à point à qui sait chanter. Quand le monde s’effondrera, nous chanterons – un peu de providence pour nous éclairer doucement.

Deux-trois pas de mouvement et le vent s’est levé ;
deux piliers pour danser et le monde est sauvé.

Depuis mon enfance, j'aime écrire, dessiner, peindre et créer ; ma rencontre avec la poésie est, quant à elle, plus récente. Depuis, c'est une véritable partenaire de vie qui épouse une multiplicité de formes successives et se renouvelle sans cesse : tantôt exutoire ou partenaire d'expression, vectrice de mes odes à la joie et compagne de mes aspirations, la poésie sait m'écouter. Et si ces quelques mots n'ont pas suffi à satisfaire votre curiosité, c'est par ici que ça se passe !

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