Aimer vraiment

"Je t'ai souvent dit que j'étais amoureux de toi. En vérité, dire cela, c'est un raccourci hasardeux né de l'ordinaire, un élément du langage commun qui s'est propagé à moi par temps d'inconscience."

Je t’ai souvent dit que j’étais amoureux de toi. En vérité, dire cela, c’est un raccourci hasardeux né de l’ordinaire, un élément du langage commun qui s’est propagé à moi par temps d’inconscience.

Ce dont je suis amoureux, c’est de l’amour lui-même. Les moments passés avec toi donnent de la couleur et de l’éclat à cet amour – ils l’éclairent. Quand je te dis que je suis amoureux de toi, en réalité, je dis juste ça : que j’aime cette lumière et ce qu’elle offre à voir.

J’aime l’amour, la caresse de la pierre, l’élan des fanfares, le murmure des livres lorsque la page est tournée, les draps encore froissés – témoins de nos baisers imaginaires. J’aime les étincelles dans la cheminée, le brasier des lucioles et le chant des marées. J’aime bien plus que je ne saurais jamais compter, même si j’y passais ma vie, car ce que j’aime est simple et infini : la grâce de Dieu, son déguisement de chaque instant – toujours, qui me surprend.

J’aime – et peut-être même que ce n’est pas « je », que ce n’est pas moi qui aime, que « moi » c’est juste l’une de ces choses que l’on aime et qui n’en ont pas toujours conscience.

Ce qui est amoureux, c’est l’amour lui-même. Il s’élance dans chaque souffle, dans chaque soupir, pour aimer plus encore. Immobile et en mouvement, pour tout et par chaque rien, « amour » est l’un de ces mots impossibles à définir sinon dans le silence, qui transcendent le fini pour courir vers l’inconnu, qui se renouvellent à chaque instant, à chaque mise à nu. « Dieu », c’est aussi l’un de ces mots inventés par l’homme pour dire « je t’aime », « j’aime » ou simplement « aimer ».

Tout est une variation de l’amour.

Toi, en cet instant, tu en es la variation la plus claire, la plus visible. Comme un miroir terrestre de l’indicible, tu m’aides à voir vraiment.

Être amoureux, c’est ça : poser un regard nu sur l’amour lui-même, un regard pudique et souriant – un regard d’enfant.

Depuis mon enfance, j'aime écrire, dessiner, peindre et créer ; ma rencontre avec la poésie est, quant à elle, plus récente. Depuis, c'est une véritable partenaire de vie qui épouse une multiplicité de formes successives et se renouvelle sans cesse : tantôt exutoire ou partenaire d'expression, vectrice de mes odes à la joie et compagne de mes aspirations, la poésie sait m'écouter. Et si ces quelques mots n'ont pas suffi à satisfaire votre curiosité, c'est par ici que ça se passe !

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