Autobiographie

Inspiré d'un texte de Nâzim Hikmet, ce poème est une courte autobiographie écrite à l'occasion d'un séminaire d'écritures thérapeutiques en mai 2017. Depuis, la vie et la vision évoluent...

Je suis né en 1994. Je n’ai cessé de retourner dans ma ville natale. Quand je regarde en arrière, j’y vois un soupçon d’avenir ; et mes perspectives futures sont teintées de passé.

À 3 ans, j’ai eu deux familles et un cœur orphelin.

À 50 ans, j’aurai un demi-siècle – pour y parvenir, je traverserai déserts et voies lactées. Ou peut-être ne les aurai-je jamais. En attendant, j’essuie les brisures-assemblements et les intempéries. Je suis fatigué d’attendre.

Mes premiers soupirs ont levé mes utopies. Mon dernier souffle n’aura pas lieu.

À 18 ans, j’ai rencontré celle qui m’obsède encore. Je suis tombé amoureux. Son absence rouvre mes plaies, me prend aux tripes : c’est un manque à combler. Je n’ai cessé de couvrir mes silences.

En 2003, j’ai perdu un bout de mon âme, un bout de mon corps. Aujourd’hui, je les cherche encore.

En 2009, dans cette double-rencontre, je pensais pourtant m’être retrouvé. En vérité, je n’ai fait que remplir avec ce qui m’passait sous la main. Comme un verre à moitié plein qu’on fait déborder en le bourrant de gravier.

Cette année-là, heureusement, une plume s’est posée sur mes pages blanches. Depuis, j’écris. Écrire, écrire, écrire ! Je suis tissé par les cris et par les mots, et plus au fond – coincé, caché, dormant ou faisant semblant – il y’a l’émotion. Et les écrans.

Au collège, pour pallier à ma solitude, j’ai consenti à des années de servitude. Je me souviens encore de ce PC high-tech qui chauffait en vrombissant. Et le nuage informatique, le cloud, a plu ses fraîcheurs humides sur mes espérances virtuelles. Présence-absence complexe et dématérialisée.

Que reste-t-il de moi ?

Mon amour des fleurs, que mes ombres dissociées ont cessé d’arroser ;
Ma curiosité des Êtres et des Choses, qui s’éteint quand les écrans s’allument ;
Et ce rayon de lumière, toujours, qui brille dans l’âtre et que rien ne saurait masquer tout à fait. Il y a une réalité dans l’abîme qui refuse de se laisser mourir et qui respire, respire ! en attendant l’heure venue.

Depuis mon enfance, j'aime écrire, dessiner, peindre et créer ; ma rencontre avec la poésie est, quant à elle, plus récente. Depuis, c'est une véritable partenaire de vie qui épouse une multiplicité de formes successives et se renouvelle sans cesse : tantôt exutoire ou partenaire d'expression, vectrice de mes odes à la joie et compagne de mes aspirations, la poésie sait m'écouter. Et si ces quelques mots n'ont pas suffi à satisfaire votre curiosité, c'est par ici que ça se passe !

4 commentaires à la suite de la publication

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *